Ebola : les ADF dénoncent le financement illégal des Maï-Maï et FARDC par l’OMS

Publié le 18 juillet, 20 à 11 h 07 min | Economie

Les rebelles ougandais ADF, responsables de nombreux massacres en région de Beni, ont jeté un pavé dans la marre. Dans un communiqué largement relayé par les médias nationaux comme internationaux, ils dénoncent l’argent versé par la riposte et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) aux différentes milices, FARDC et autres groupes Mai-Mai dans le cadre de la lutte contre le virus Ebola. Ce que ces différentes institutions tentent aujourd’hui de justifier.

Alors que la Maladie à virus Ébola (MVE) sévit encore à l’est de la République démocratique du Congo, des accusations graves mettent en cause la gestion de la Riposte par le professeur Muyembe, le Ministère de la Santé et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour faire face à la propagation de l’épidémie depuis mi-2018. Dans un rare communiqué, les ADF – rébellion sanguinaire ougandaise avec un fort ancrage parmi les communautés de Beni – condamnent la coordination de la riposte  pour avoir « fourni un soutien vital aux acteurs armés de la zone, en particulier les FARDC et différentes milices Mai-Mai. » Dans ce document d’une dizaine de pages, photos à l’appui, ils donnent des dates, lieux et lieux pour ces distributions d’argent et de matériel qui pourraient porter sur des millions de dollars, « des sommes colossales qui contribuent aujourd’hui à entretenir une mafia prédatrice et meurtrière » dans l’est de la RDC.

L’OMS dément entretenir une mafia

Opérant sur base de fonds de la Banque Mondiale et d’autres bailleurs internationaux, l’OMS a fermement rejeté ces. Tedros Adhanom, directeur général de l’OMS confie à POLITICARD.CD  que « les ADF semblent de confondre notre approche de sensibiliser tout le monde sur les mesures d’hygiène nécessaires, donc voilà pourquoi nous avons distribué ce qu’on appelle localement du savon ou sabuni et d’autres effets ». Le chef de l’OMS s’est montré indigné face aux tentatives de « questionner l’immense confiance construite entre ses équipes et les populations locales. » Contacté par POLITICARD.CD, le porte-parole des FARDC, Général Léon Kasonga, s’est précipité aux cotés de Tedros en fixant l’opinion sur la nécessité de lutter « main dans la main, financement par financement contre le menace de ce virus terroriste ».

Selon le général Kasonga, les forces loyalistes resteront engagés avec l’OMS « même longtemps au-delà de l’épidémie en cours. » Les autres milices Mai-Mai n’ont pas encore réagi.  Monsieur Liso, coordonnateur des Mai-Mai UPLC, a promis que « nous allons prendre position dans des très brefs délais, une fois avoir résolu un petit soucis lié à notre compte Airtel Money. » Face aux accusations des ADF, un haut responsable du Ministère de la Santé est déclaré de « ne pas être au courant d’une seule irrégularité dans le financement de la Riposte » tout en assurant que son institution préparait néanmoins « un budget consistant pour une mission d’enquête composée d’un vaste nombre de spécialistes en suivi et évaluation » afin de disperser toute rumeur. Pressenti comme expert local de la délégation, Kakule Sikuli Lafontaine, vétéran Mai-Mai, à son tour est déterminé de traquer tout potentiel détournement « en n’importe quelle qualité et fonction, que je sois PNC, FARDC, UPCP, M23 ou PARECO. »

Ébola, un virus qui continue susciter des polémiques en RDC

Dans un entretien exclusif avec POLITICARD.CD, Chrispin Mitondo Mbindule, député national pour la ville de Butembo, s’est montré surpris des allégations : « si déjà Ébola n’existe pas, comment alors voulez-vous faire croire à la population que l’argent de la Riposte n’est pas détourné. C’est comme les sauts de mouton à Kinshasa, l’argent destiné au bien de la population s’est transformé en gros 4×4 et résidences secondaires à l’étranger ». Le député a néanmoins précisé de prendre en sérieux les révélations des ADF et les inviter prochainement à une journée de prière œcuménique contre les menaces du régime de Kabila, sous la direction du célèbre pasteur Mukuna.

Ce constat est partagé par les groupes de pression de la contrée, le Parlement FURU et la Veranda Mutsanga. Dans leur premier communiqué conjoint, ces associations jadis opposées font appel au Chef de l’État Félix Tshisekedi et lui demandent de  «  déboulonner le Ministère de la Santé » et « démobiliser et rapatrier l’OMS dans sa communauté d’origine » afin d’assurer que les fonds alloués par les bailleurs ne seront qu’utilisés au profit du développement local.

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