Le Journal intime de… Kalev M. (2) : « Manifester est un droit constitutionnel »

Publié le 11 août, 20 à 9 h 30 min | Le journal intime de (…) Tribunes

La rédaction de POLITICARD.CD a choisi de partager avec ses lecteurs le quotidien de différentes personnalités plus ou moins anonymes. Toutes les contributions sont les bienvenues. Parce qu’il a du temps, Kalev M. a décidé de continuer à nous raconter son quotidien.

La République démocratique du Congo est en train de prendre un très mauvais tournant. Seuls les hommes de mauvaise foi peuvent l’ignorer. La parenthèse démocratique ouverte par Joseph Kabila est en train de se refermer. Et je suis moi-même comme beaucoup d’autres humbles agents au service de l’Etat victimes de cette nouvelle tyrannie.

J’ai été viré comme un malpropre et de la pire des manières d’un service auquel j’ai consacré les plus belles années de ma vie. Sous ma direction, cette agence, dont je ne citerai pas le nom pour éviter les représailles, a atteint un niveau de professionnalisme internationalement reconnu. Aujourd’hui, cette noble institution est le repère de voyous qui menacent et arrêtent sans respect pour les règles élémentaires d’un État de droit. Ils essaient de museler notre RTNC jusqu’à implanter un bureau dans ses locaux. Ca ne serait jamais arrivé du temps de Lambert Mende. Ils ne respectent rien ni l’indépendance de la justice, ni la liberté d’expression. C’est un nouvelle tyrannie, j’insiste et je persiste dessus. on va les dégager s’ils continuent ainsi.

De quoi suis-je finalement coupable? J’ai manifesté comme des millions d’autres Congolais pour défendre nos institutions. Jamais une telle marée humaine n’avait marché dans les rues de Kinshasa pour défendre les élus du peuple, les sages de notre cour constitutionnelle et même le franc congolais qu’ils affaiblissent jour après jour. Et on m’accuse d’activisme politique, d’incivisme. Notre constitution garantit à tous les Congolais le droit de manifester. Je suis congolais. Je suis un patriote qui l’a toujours défendu. Je me suis battu pour bâtir un pays plus beau qu’avant.

Ces talibans n’ont de respect pour rien. Les wewas et les combattants terrorisent les honnêtes citoyens. Je l’avais prédit, mais personne n’a écouté. Il y avait toujours des ONG pour m’accuser d’abuser de mon pouvoir. Ces suppôts de Soros se taisent aujourd’hui quand la répression la plus implacable s’abat, y compris sur les plus grands personnages de l’Etat : le vice-premier ministre en charge de la justice, le premier ministre, le président de notre cour constitutionnelle…  Tous humiliés. Que fait le BCNUDH? Quand il s’agit de Saint Tshisekedi, ce n’est plus une violation des droits de l’homme. Il n’y a pas même une tape sur la main. Sept armées étrangères sont venues se promener sur notre sol. Et ce n’est pas une violation de notre territoire. On ne nous parle plus de ces soit-disants experts onusiens ou de sanctions. Quand leur Fatshi bidon signe un contrat avec une entreprise étrangère ou brade les actifs de l’Etat, ce n’est plus un pillage des ressources. Je suis évincé aujourd’hui parce que j’ose dénoncer ce deux poids, deux mesures. Jamais je ne laisserai le Congo tomber entre les mains des impérialistes.

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