Lettres de Bujumbura (Episode 1) : Dieu n’a pas abandonné le Burundi

Publié le 25 juillet, 20 à 15 h 05 min | Lettres de Bujumbura Tribunes

Pour comprendre les dessous des cartes d’une région adepte des scénarios tarabiscotés, POLITICARD.CD a demandé au professeur Hypocrite Kuchoresha, journaliste d’investigation à la retraite vivant à Bujumbura, de reprendre la plume pour décrypter les absurdités de l’heure.

Le professeur Hypocrite Kuchoresha est passé par les plus organes de presse de la région des Grands Lacs, Tele 50 en RDC, la RTNB au Burundi, le New Times au Rwanda, la Libre Belgique et d’autres médias de renommée internationale qui ont tous reçu l’approbation de la grande prêtresse des analyses obscures, Colette Braeckman.

À peine investi le mois dernier, nouveau Président de la République du Burundi, le général Evariste « Neva » Ndayishimiye s’était dit prêt à assumer de nouvelles fonctions et rien ne lui a été octroyé depuis, malgré des heures de prières. Dieu a-t-il abandonné le Burundi ? Il y a beaucoup de spéculation depuis que l’épidémie de Covid s’est déclarée. Feu Pierre Nkurunziza avait obtenu grâce à sa dévotion de protéger le pays jusqu’à sa mort, sans doute l’œuvre du Diable

En tant que successeur légitime et disciple de Peter, accéder à ce titre est un droit mais surtout la reconnaissance des bons et loyaux services rendus par le général Evariste Ndayishimiye envers le CNDD-FDD, parti béni et appelé à gouverner le Burundi pendant des siècles. Ce serait aussi conforme aux plus anciennes prophéties Bibliques de notre belle région des Grands Lacs. Simon Kimbangu n’avait-il pas prédit que Ronsard Malonda deviendrait président de la CENI en RDC, qu’un visionnaire guiderait le Burundi, que Paul Kagame gouvernerait le Rwanda jusqu’à sa mort dans son lit et que Yoweri Museveni ne mourrait tout simplement pas.

La demande de celui que le peuple surnomme avec affection « Ge–Neva » pour son engagement en faveur des droits de l’homme et de l’état de droit est d’autant plus légitime qu’elle a été faite avec toute la modestie qui caractérise ces grands hommes, je cite : « Étant le successeur légitime du feu camarade Petero Nkurunziza, il me revient de droit de lui succéder, y compris d’accéder à son grade de guide suprême. ll n’est pas question d’imposer son choix, cela est l’expression d’une volonté populaire telle que exprimée clairement par une majorité silencieuse que seule le CNDD-FDD sait écouter ».

Ce constat avait également été partagé par le fervent opposant Agathon Rwasa, reconverti en enfant de cœur dans la chorale nationale burundaise jusqu’aux prochaines échéances électorales. Dans une interview éditée avec goût par mes très chers anciens collègues de la RTNB, il a déclaré : « Depuis son arrivée au pouvoir, le vent de la liberté souffre à Ngagara, Cibitoke et Musaga ; tous les exilés sont libres de rester là où ils sont et de demander l’asile pour éviter les foudres de son disciple Ndakugarika. » Comme l’a rappelé la seule radio d’information qui reste active au Burundi, Agathon Rwasa n’ayant aucun soutien populaire, il ne peut que recommander de prier pour éviter la punition divine.

Pourtant plusieurs semaines après cette demande bien légitime, un soutien indéfectible du peuple, le président Ge–Neva n’est toujours que président. Les offrandes à Dieu se sont pourtant multipliés comme des petits pains. Comme l’a rappelé très justement son excellence burundaise : « la nomination de l’ancien chef de la sécurité au poste de Premier Ministre traduit une volonté d’ouverture pour l’ensemble de l’opposition et surtout ceux en exile ». Comment ne pas lire le même amour de son prochain dans la décision de désigner le Général Gervais Ndirakobuca Ndakugarika à l’issue d’un duel surprise entre le célèbre avocat des terroristes Pacifique Nininahazwe et la superstar régionale sur twitter Willy Nyamitwe qui a su faire triompher la vérité.

L’élection du général Evariste Ndayishimiye avait même été saluée par l’ancien président Buyoya, ex-président sanguinaire bien connu dans la région, qui, par pur opportunisme, cherche par tous les moyens l’abandon de poursuites légitimes de la justice indépendante burundaise à son encontre ainsi que la levée d’un mandat d’arrêt pour Mpimba.

Au niveau international, même le secrétaire-général de l’ONU Antonio Guterres avait demandé à ce que Ge–Neva soit honoré après le départ vers d’autres cieux de l’un des meilleurs ambassadeurs qu’est connu l’hémicycle new-yorkais, le désormais chef de la diplomatie, Albert Shingiro.

Cette situation intolérable a ému Willy Nyamitwe, très déçu de voir le titre de Guide patriotique abandonné : « Dieu parle déjà à l’oreille de Ge–Neva, il n’a pas besoin de ce titre pour accomplir sa volonté ». Son nouveau Président l’a pourtant consolé avec les plus beaux versets bibliques sous l’assistance de la prophétesse Denise Bucumi qui ne manque jamais d’asperger des gouttes d’eau bénite de Gitega sur le compte twitter de ce jumeau caché de l’ami et modèle régional Lambert Mende.

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