Mali :  mutinerie civilo-militaire au Mali et tremblement des pseudo-démocratiques coalitions en Afrique.

Publié le 20 août, 20 à 23 h 54 min | International

Mardi 18 août 2020, le président malien et son premier ministre ont été arrêtés et sommés de démissionner à Bamako. Résultante d’une mutinerie dont l’épicentre est localisé à Kati. C’est en partant de cette même ville que la junte militaire, sous la conduite du capitaine Sanogo avait renversé en mars 2012 l’ex-président ATT, sans résoudre les difficultés que connaît le pays. Cette fois, les militaires maliens menacent d’étendre cette « révolution populaire » au-delà des frontières maliennes.

À Kinshasa, un haut responsable de la coalition au pouvoir s’inquiète au sujet de récentes déclarations des leaders de mutins à Kati (Mali) : « Au Congo, on a toujours été à l’abri d’un coup d’Etat fomenté par des petits militaires en dehors de celui de Maréchal Mobutu. Heureusement que les FARDC sont des moutons de panurges, ils obéissent aux lois et disciplines militaires, nous les laissons faire leurs business comme c’est fut le cas de Tango Fort et John Numbi, même l’ancien général major Joseph Kabila Kabange », a-t-il expliqué à POLITICARD.CD. « Le risque, c’est plutôt de voir ces gens débarquer chez nous ou qu’ils fassent des émules dans les pays voisins. La théorie des dominos, vous connaissez ? Un battement d’ailes à Bamako peut faire un raz-de-marée à Kinshasa, et même en Côte d’Ivoire ou en Guinée Conakry ».

Par ailleurs, un court message télévisé d’un leader de la junte malienne diffusé auprès de la presse locale et internationale, y compris à POLITICARD.CD, après l’arrestation du président IBK et de son premier ministre a créé un vent de panique dans la nouvelle coalition UDPS-FCC, : « Nous venons de mettre fin à l’endettement créé par un  Président qui a défié le peuple malien depuis trop longtemps. Les chefs d’états africains et leurs gouvernements doivent apprendre à utiliser les maigres ressources de leurs pays pour entretenir des institutions aussi pléthoriques qu’inutiles ». Dans cette vidéo, l’officier a ajouté :« Après Bamako, l’Union sahélienne des forces armées démocratiques se rendra d’abord à Abidjan et à Conakry pour empêcher les dictateurs ivoirien et guinéen à défier leurs peuples en briguant un troisième mandat. Notre   ambition, est de balayer tous ces faux dirigeants issus des élections pseudo-démocratiques qui bouffent l’argent au mépris du peuple ».

Contacté par POLITICARD.CD, l’envoyé spécial des États-Unis pour le Sahel a rendu public la position de son pays vis-à-vis de ce coup de force populaire conduit par les militaires démocratiques du Mali, en l’absence de Mike Hammer, ambassadeur déchu en RDC car trop occupé à manger des poulets Mayo pour décrocher son téléphone. « Nous suivons avec inquiétude l’évolution de la situation aujourd’hui au Mali. Les États-Unis s’opposent à tout changement extra constitutionnel de gouvernement, que ça soit par la rue ou par les forces de défenses et de sécurité » a-t-il déclaré avant de s’énerver lorsque POLITICARD.CD l’a questionné sur le silence de Washington sur la situation en Côte d’ivoire et en Guinée Conakry ou alors à propos de son soutien aux institutions congolaises issues des élections frauduleuses. « Les États-Unis sont trop préoccupés à organiser la fraude électorale au profit du président Trump en novembre 2020, on n’a pas le temps de s’occuper des oignons Africains ou de fouiner dans le passé, posez la question à l’Union Africaine ».

Cette situation n’a pas laissé indifférente la coalition pré-putschiste Lamuka Muzika. Le président dit « élu sur la carte de visite » Martin Fayulu a réagi à cette actualité brûlante : « Je soutiens ce coup de force militaire et populaire  au Mali, cela traduit la volonté du peuple malien à récupérer son pouvoir citoyen usurpé par de fausses élections », a-t-il écrit sur twitter avant de tacler la position hypocrite de la communauté internationale, les États-Unis : « Pour cette prétendue communauté, l’Etat de droit se résume à un bourrage d’urnes validé à condition que la coalition qui arrive au pouvoir leur soit favorable et lui laisse faire ses petites affaires de leur pays. On a vu comment elle a soutenu le coup de force électoral en RDC en 2018. Heureusement que nos frères maliens disent non à l’ingérence néo-colonialiste pseudo-démocratique de la France ».

Pour rassurer le président Felix Antoine Tshisekedi de leur loyauté, les heureux promus au sein des FARDC notamment Tango Four, Christian Tshiwewe et Frank ont fait une déclaration collective dont le contenu est fermé : « Nous appelons à toutes forces au calme. Le président Fatshi, papa Solution, papa Boboto, papa Ya Mapinga, ne doit pas s’inquiéter de ces messages des mutins maliens. Nous sommes là pour obnubiler les hommes de troupes, tant que nos business sont garantis, nos exonérations assurées et que l’IGF ne fasse plus contrôle sur les primes de guerres où nous nous retrouvons, Dieu est avec lui. Ainsi, nous lui assurons fidélité et loyauté ».

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