RDC : Après l’affaire contreseing, Ilunkamba dénonce le vol de son tampon

Publié le 24 juillet, 20 à 11 h 34 min | Politique

Après avoir accusé le vice-premier ministre en charge de l’intérieur, Gilbert Kankonde d’avoir volé sa signature, le Premier Ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba se plaint de s’être subtilisé « son tampon ». La primature menace de porter plainte « contre tous les usurpateurs de pouvoir ».

 Dans un communiqué transmis à la presse par le porte-parole de la primature, le Premier Ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba s’indigne une nouvelle fois contre certains de ses collègues et adversaires du parti présidentiel amoureux de la rue. Après avoir accusé son collègue de l’intérieur d’avoir usurpé sa signature, le chef du gouvernement pointe la responsabilité de la ministre des affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, qui aurait subtilisé le tampon de la Primature à l’issue d’une rencontre autour de l’épineuse question de la fabrication de passeports avec exonération de la taxe universelle Joseph Kabila.

« Le premier ministre s’offusque contre cette cabale politique de genre hollywoodien. D’abord, le président envoie le chef du gouvernement en mission au Katanga et le vice-premier Kankonde en profite pour voler sa signature. Mais maintenant, Félix Tshisekedi lui envoie la ministre Tumba Nzeza qui feint un malaise et c’est le tampon qui disparaît », confie à POLITICARD.CD Albert Lieke, porte-parole du premier ministre.

« Le premier ministre rejette en bloc tous les documents qui feront usage de ce tampon. Le vol de la signature a déjà coûté à nos meilleurs généraux injustement accusés par les États-Unis d’être écarté de fonctions qu’ils avaient assuré avec tout le professionnalisme. Le président en a aussi profité pour promouvoir des magistrats inféodés à son pouvoir, lui facilitant de se débarrasser d’un gentil ennemi.  Le premier ministre s’apprête à porter plainte contre les personnes impliquées dans ce coup d’état institutionnel du type moyenâgeux. »

Contacté par POLITICARD.CD, le porte-parole du président Kasongo Mwema Yamba Yamba a réagi pour dénoncer « un scénario mal ficelé par un FCC aux abois » dans une expression françaises aux couleurs rouge-bordeaux. « Kankonde n’a rien de James Bond malgré que la ministre Tumba Nzeza soit trop vieille pour jouer les Mata Hari. Le président de la République est décidé à déboulonner cette kermesse aux gens inutiles qui nous a fait son cinéma durant les 18 dernières années », a déclaré l’ancien présentateur vedette de RFI avant d’ajouter : « Le béton est fort et bien cimenté, il n’est pas perturbé par un simple vent. Vive Fatshi Béton, vive le Roi ».

Victimes autoproclamées du remaniement issus du vol de signature, on dénombre dans l’armée, le général John Numbi. Ce dernier, ayant perdu son poste (voir l’investigation POLITICARD.CD : https://politicard.cd/rdc-pourquoi-les-etats-unis-se-felicitent-de-la-promotion-du-general-tango-four/), alors que les représentants étatsuniens en RDC et en Afrique ont félicité le président, a accordé une interview très laconique à POLITICARD.CD : « je ne suis un agneau, mais un loup dans la bergerie. J’ai joué un rôle majeur dans la nomination de Félix Tshisekedi comme président de la République au détriment de la vérité des urnes. Je suis comme Jack Bauer ; les actes de 2010 que j’avais posés montrent que je suis prêt à diriger une unité contre-terroriste américaine ou à travailler pour le FBI. » a-t-il martelé d’un ton ferme. « Ye-Mei qui m’a instruit de ne pas rejoindre Kinshasa est fâché. Les Katangais ne sont pas faibles »

Dans un tweet devenu viral sur la twittosphère congolaise, le président sortant de la CENI Corneille Nangaa s’est déchaîné : « Je n’aurais pas proclamé les deux coalitions vainqueurs si j’avais su qu’elles allaient frauder et tomber dans le vol des signatures et fonctions, c’est pourquoi je tenais absolument à proclamer les vrais vainqueurs issus des élections démocratiques de 2018. Ceux qui m’avaient obligé de publier et de proclamer les faux résultats doivent se rependre devant Dieu, devant les esprits Bo Koko na Biso et devant le peuple congolais comme je l’ai déjà fait dans notre église commune avec Martin Fayulu et Félix Tshisekedi à Philadelphie na Limété ». La rédaction de POLITICARD.CD a tenté de joindre Corneille Nangaa pour en savoir plus mais sa batterie de téléphone a lâché avant même de commencer l’interview.

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