RDC : Le franc congolais triomphe face au dollar

Publié le 7 août, 20 à 12 h 32 min | Economie

Depuis  samedi dernier, la bataille avait été engagée entre le franc congolais et le dollar américain. Sous un dictat magique – ni Ye-Mei ni le FMI ont revendiqué l’acte depuis – la monnaie de l’oncle Trump a perdu par KO face au Franc congolais devenu la fierté de tout un peuple. En l’espace de quelques heures, la nouvelle s’est propagée parmi les cambistes, députés, prisonniers politiques et autres mouvements citoyens. POLITICARD.CD a envoyé ses reporters citoyens sur terrain afin de récolter des témoignages de première main.

Tout a commencé le dimanche 2 août. À leur réveil, les Kinois ont pu constaté que le dollar ne s’échangeait plus entre 2000 et 2100 francs congolais (selon les humeurs et la faim des cambistes, mais que la monnaie congolaise avait rattrapé son retard et le taux du jour avoisinait les 1500 francs congolais pour un dollar. Depuis ce mercredi, il n’y a plus match. En déversant 25 millions de dollars sur le marché des changes, la vaillante Banque centrale du Congo a donné le coup de grâce à la monnaie de l’oncle Trump. Un franc congolais se change depuis ce jeudi 6 août à deux dollars, bien plus que l’Euro.

Depuis, des scènes de liesse s’observent aux stations d’essence à travers la capitale Kinoise mais aussi devant les différentes banques congolaises. Des fonctionnaires, longtemps considérés comme sous-payés, se retrouvent soudain comme des milliardaires plus riches que le premier ministre venu.  Selon des témoins, certains ont été écrasés par un hummer aux vitres fumées qui selon des témoins anonymes et bien intentionnés, appartiendrait à Mike Hammer, ancien ambassadeur américain désormais pressenti à la tête de l’Inspection Générale des Finances dans le cadre de la coopération congolo-américaine #PP4PP (Partenariat Potent pour le Piratage de Pognon) qui n’aimait le peuple congolais que quand il avait besoin d’assistance internationale.

Patrick Nkanga et Jean-Marc Kabund, anciens jeunes espoirs de la politique congolaise débauchés par POLITICARD.CD depuis ce mois d’aout, ont pris le temps de sillonner les rues et antichambres de la mégalopole congolaise afin de déterrer les vérités cachées derrière cette terrible chute de la monnaie si chère à Donald Trump, Dan Gertler et Vital Kamerhe. Dans « Chez Mère Rouble » une petite buvette à Ngiri-Ngiri. Ils sont tombés sur une réunion de l’Association des « Cambistes brillants aux opérations latentes de gestion » (CAMBRIOLAGE).

Devant une Turbo King, quelques pièces de mondongo et makasu ainsi qu’une poignée de chikwangue du mois passé, un certain Boketshu, président-fondateur de cette organisation qui se dit « mobutiste, kabiliste et fatshiste à parts égales », s’adresse aux membres distingués de cette structure, en agitant des liasses de dollars, tous déchirés : « Bokoto’o, l’heure est grave, il faut se débarrasser de cette monnaie de singe avant que le secteur minier ne s’y mette ! Ils ont des milliards de dollars bloqués dans des banques qui ne valent aujourd’hui plus rien. » Un silence encombre le nganda entier.

Prochaine étape, centre-ville. Devant la Banque Centrale du Congo, nos reporters citoyens aperçoivent l’honorable Patrick Muyaya, député de la circonscription de Paris. En larmes, il se confie a POLITICARD.CD : « Pendant un an, tweet après tweet, j’avais appelé à ce que le Congo se brise pour se reconstruire ! Mais je n’ai jamais cru qu’il se reconstruisait avec le franc congolais. Ils viennent de briser mes épargnes et toute celle de la classe politique congolaise ! ».

Quelques minutes plus tard, une grande limousine noir passe, une silhouette de femme est visible derrière les vitres fumés, l’honorable emporté. Nos reporters découvriront plus tard que Muyaya, très touché par la chute du dollar, bénéficie désormais du programme d’aide en urgence pour les députés déguerpis lancé par Jeanine Mabunda. Contacté par POLITICARD.CD, son conseiller Michael Sakombi fait le point : « Les principes humanitaires sont clairs : nous aidons en priorité ceux les plus touchés par cette catastrophe. » Les scènes sont dramatiques : à peine fini l’entretien, Sakombi fuit avec des grands pas, derrière lui le tradipraticien et philosophe post-structuraliste Joseph Kokonyangi à la tête d’un mob affamé d’anciens dignitaires du Football Club du Congo (FCC), munis de lance-pierres et calicots du nouveau parti unique PPPS, enroulés autour des têtes en mode turbans de talibans.

Dernière étape de ce reportage exclusif, au siège de la Gécamines, nos journalistes se font interpeller devant la porte et reçoivent de coups de bâton parce qu’on les prend pour des stagiaires de l’ONG Global Witness. Le rendez-vous avec les grands patrons miniers est annulé, malgré l’intervention téléphonique du directeur de POLITICARD.CD, Dr. Antoine wa Budiadia, auprès de Albert Yuma, chef du site web satirique POLITICO.CD et co-proprietaire de la fameuse boite de nuit kinoise “Bulles, Garçons, Filles, Impôts” (BGFI) ou un certain DJ Lumumba avait fait ses premiers exploits musicales.

Rentrés au deuxième bureau de la rédaction, Patrick Nkanga et Jean-Marc Kabund, tous deux ruinés avec leurs millions de dollars en banques, ont réclamé un coupage en francs congolais que POLITICARD.CD s’est refusé à leur verser. Malgré le talent de leur plume, Justin Bitakwira, président rotatif de notre conseil d’administration en ce mois d’août 2020, insiste sur le respect des principes déontologiques qui régissent la presse congolaise depuis toujours : « Le coupage, c’est 200 dollars, les francs congolais, je préfère les investir dans le prochain film d’action des studios Matete International. »

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