RDC : Martin Fayulu renonce aux « urnes », pas à la « vérité »

Publié le 30 juin, 20 à 1 h 16 min | Politique

Après s’être montré inflexible pendant près de deux ans, l’ancien candidat à la présidentielle et président autoproclamé Martin Fayulu a annoncé à la veille du 60e anniversaire de l’indépendance qu’il renonçait “aux urnes mais pas à la vérité”.

L’ancien candidat à la présidentielle et leader de la principale coalition de l’opposition Lamuka (à lire prochainement : l’enquête de POLITICARD.CD sur l’existence de Lamuka) Martin Fayulu a fait un pas dans la reconnaissance des institutions en déclarant qu’il renonçait “aux urnes, mais pas à la vérité”. Depuis les élections de décembre 2018, ce dernier disait se considérer comme président et détenir “la vérité des urnes”.

“La principe même des élections est idiot dans ce pays. Ca coûte des millions pour rien, ça finit toujours par être les Etats-Unis qui décident”, a déclaré Martin Fayulu. “La dernière fois, j’avais gagné, tout le monde sait. Les évêques l’ont dit, les journalistes l’ont dit, même les voisins ont émis des doutes. Il a suffi que les Etats-Unis changent d’avis pour que dix années d’efforts pour une alternance soient réduites à néant et que Kabila et son valet restent au pouvoir. La mort de Lumumba, Mobutu, Kabila père et fils, Washington, c’est tout. Quel mot le peuple congolais a eu à dire?”

La présidente de l’Assemblée Nationale, Jeanine Mabunda, a été la première à s’insurger et dénoncer “un homme aigri par la défaite” qui “ne croit plus en la vraie démocratie”. “C’est réduire tout notre histoire politique à une simple comédie dans laquelle les Congolais ne seraient que des figurants”, a-t-elle poursuivi. “M. Fayulu veut réduire notre représentation nationale à une bande de guignols qui distraient la population pendant que les véritables décisions se prennent ailleurs. C’est un complotiste. Nous ne sont ni des guignols, ni des pantins”.

Contactés par POLITICARD.CD, les talibans tshisekedistes et kabilistes se sont tous rangés derrière l’éminent membre du FCC sur ce point. Sur les réseaux sociaux, des dizaines de parlementaires de la coalition Cach-FCC ont posté “ni guignols, ni pantins”. L’honorable Justin Bitakwira était particulièrement insistant sur ce point, se retweetant 5 fois au long de la journée écroulée.

Le président de l’UDPS et ancien vice-président de l’assemblée nationale, Jean-Marc Kabund, a promis de “faire ravaler” à Martin Fayulu “ses mensonges”. “Felix Tshisekedi n’est ni un pantin, ni guignol”, a-t-il lancé devant un parterre de combattants près à en découdre.

Dans un très rare communiqué conjoint, deux des autres leaders de la coalition Lamuka et futurs présidentiables, Moise Katumbi et Jean-Pierre Bemba, ont assuré “toujours croire” aux élections malgré “l’ampleur et la récurrence des fraudes” et salué le “rôle exceptionnel” joué par Washington dans l’histoire de notre pays. “J’ai toujours plus aimé les Etats-Unis que Jean-Pierre”, a confié l’ancien gouverneur du Katanga joint par téléphone par la rédaction de Politicard, tout en saluant en passant “son frère Peter Pham.”

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