RDC : pourquoi les États-Unis se félicitent de la promotion du Général Tango Four?

Publié le 20 juillet, 20 à 10 h 00 min | International

La porte-parole adjoint du président vante un “effet Tshisekedi” après l’avalanche de messages de félicitation reçus par des officiers FARDC autrefois très critiqués par la communauté internationale. Contre toute attente, Washington s’est réjoui non seulement de la mise à l’écart du général John Numbi, mais aussi de la promotion du plus célèbre des commandants ex-RCD (depuis Laurent Nkunda) et ancien patron d’un club de sports de Kinshasa : le Général “Tango Four” Amisi . Enquête POLITICARD.CD

L’histoire commence dans un des nombreux « nganda ya masolo ya kati » qui ont tenu Kinshasa vivante lors du vrai-faux état d’urgence. Dans le plus grand secret, l’ancien ambassadeur américain Nzita et désormais simple citoyen congolais, en stage au département de communication de la Présidence sous les ordres de la panthère et star marathonienne de la lecture télévisée, Tina Salama, rend un dernier service l’administration Trump, son employeur jusqu’à son limogeage brusque mi-juillet 2020.

Autour d’un poulet-mayo décongelé et une Primus tiède, il rencontre le Général Amisi Tango Four et le Haut-Représentant du Chef de l’État Kitenge Yesu pour échanger la suite des efforts américains pour déboulonner les services de sécurité si souvent accusés d’abus et violations de droits de l’homme.

Noko Nzita, mal à l’aise dans sa peau congolaise désormais, est sous pression. L’ancien envoyé spécial américain pour les Grands Lacs africains, J. Peter Pham, le menace d’instrumentaliser Felix Tshisekedi pour obtenir le retrait de son passeport diplomatique congolais (l’un des derniers du prestigieux label SEMLEX, celui qui ouvre les portes de Bruxelles) si Nzita ne l’aide pas à faire disparaître son grand adversaire John Numbi surnommé « Lumumba bis » au département d’État américain. Nzita a réuni le Général Amisi et Tate Kitenge Yesu, icône spirituelle de l’administration Tshisekedi, pour créer l’occasion.

Le moment est venu. Disparu depuis deux semaines en brousse katangaise lors d’un barbecue de viande boucanée avec Gédéon Kyungu, le Général John Numbi est loin du centre du pouvoir. Sanctionné par le Trésor américain, Numbi est une cible facile pour l’administration Trump. Kitenge Yesu n’est plus à convaincre, Nzita lui ayant déjà garanti des fonds américains pour construire un temple d’admiration fatshiste en plein Kinshasa, la seule chose fut de lui souhaiter « eyowa » pour dire merci Nzita, « nzambi wanyie ».

Tango Four, de son côté, est retissant et partage ses réserves autour de la table en sirotant sa Primus aux couleurs de bana veya, chuchotant  : « est-ce qu’en tant qu’inspecteur général j’aurais encore assez de temps de gérer les dragues d’or à la Tshopo et mes groupes armés en Walikale et Shabunda ? Saviez-vous que ces miniers chinois ont besoin d’être contrôlés à tout moment pour éviter qu’ils fassent des bêtises?»

De son côté, Nzita rassure  : « j’ai la parole de mon chef Tibor Nagy, il va mettre quelques-uns de nos parachutistes à votre disposition. Croyez-moi, Tibor ce n’est pas n’importe qui, il est sous-secrétaire d’état et il nage mieux que Kabund en eau trouble ! » Entre temps, Kitenge Yesu s’est levé pour commencer une danse hypnotique, invitant les esprits de maikari et lyangombe alors que les deux amateurs de sport continuaient le débat.

Par ailleurs, Amisi est au point de sacrifier son camarade Numbi, suite aux persuasions de Nzita, mais le général n’est pas idiot : « mais, écoutez, ces histoires de sanction contre Numbi, est-ce que ce ne sont pas les mêmes mesures que vous avez prises à mon encontre ? » Encore une fois, Nzita est préparé : « Non, non, mon grand Tango, les sanctions contre Numbi sont de moindre qualité, les vôtres sont vraiment de loin meilleures, je vous jure on ne peut que les trouver dans les coins perdus de Zando, Zigida ou Gambela ! »

Deux jours plus tard sur la RTNC, la reine de la lecture télévisée Tina Salama enchaîne les annonces. Sans surprise, Amisi se retrouve sur le siège de Numbi. Les personnages impliqués sont en liesse. Lorsque Tango Four, avec ses deuxièmes bureaux et gardes de corps, organise une danse traditionnelle texane en l’honneur de ses partenaires américains, Nzita reste injoignable et sera retrouvé que le matin prochain sous une table chez Planète J avec un gros morceau de poulet dans la main droite, et une bouteille vide dans la gauche.

Les Américains sont moins discrets encore. Fiers d’avoir fait avancer encore une fois la démoncratie en RDC en faisant remplacer un général sanctionné par un autre, Tibor Nagy et J. Peter Pham se confient à POLITICARD.CD : « certes, les gens vont nous prendre soit pour des sadiques, soit pour des idiots, mais croyez-nous, on l’a fait  parce qu’on le peut, c’est tellement excitant – presque plus que de regarder le portrait de Fatshi président tous les matins au réveil. »

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