RDC : retrait de la MONUSCO, les armées de la région vont prendre le relais

Publié le 17 juillet, 20 à 11 h 02 min | International

La Mission des Nations-Unies (Monusco) va quitter la RDC, annonce faite à l’occasion des 60 ans de notre indépendance. Le premier casques bleu était arrivé au Congo le 14 juillet 1960. Pour le président Tshisekedi, c’est « la preuve de la libération totale de notre pays »

A quelques jours près du premier déploiement des premiers casques bleus en 1960 en République démocratique du Congo, un changement majeur s’annonce dans la gestion sécuritaire du pays cher aux héros nationaux Patrice Lumumba, Laurent-Désiré Kabila et Etienne Tshisekedi wa Mulumba : la MONUSCO, mission onusienne autant éternelle qu’éphémère, vient d’annoncer son retrait de la RDC après plus de 20 ans de service à la nation congolaise. Dans un sursaut panafricain, les armées des neufs pays voisins se sont dits près à assurer la relève, tout en remerciant l’ONU pour avoir « assuré l’intérim depuis la fin de la guerre ». Elles s’engagent à assurer la sécurisation conjointe aux côtés des vaillants FARDC à partir de juillet 2020.

Un signal panafricain fort

La nouvelle n’a pas tardé de faire le tour des réseaux sociaux suite à la conférence de presse surprise animé par le Chef de l’État Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo avec la cheffe de la mission onusienne en RDC Leila Zerrougui, également présente à Bruxelles, nouvelle capitale politique congolaise. Serein et souverain, le président Tshisekedi a raconté au corps journalistique rassemblé à la Cité de l’OUA son rêve portant sur une « visite de Kwame Nkrumah et Julius Nyerere la nuit passée, lui demandant un signal fort panafricain ».  « L’indépendance de notre pays sera désormais complète, c’est la preuve de la libération totale des Congolais », s’est réjoui le président de la République.

Visiblement sous l’émotion, le Chef de l’État a rapidement donné la parole à Mme Zerrougui, qui a son tour soulignait que les armées voisines auraient déjà « assurés de facto la sécurité frontalière et une bonne partie des opérations militaires depuis la fin de la guerre et se disent prêtes à reprendre l’ensemble de leurs prérogatives ». Cette annonce a de quoi surprendre. Dans un récent rapport, le Groupe d’experts des Nations unies avait pourtant assuré que l’armée congolaise avait mené la totalité de ses opérations militaires entièrement elle-même sans aucun soutien ou renfort extérieur. Harcelée depuis près de 20 ans par des journalistes patriotes, la Monusco avait elle aussi toujours démenti détenir des informations sur la présence de militaires étrangers sur son sol. Selon le célèbre chercheur français Thierry Vircoulon , «  c’est un secret de polichinelle ». La plupart des unités de la MONUSCO « fait appel aux forces spéciales rwandaises même pour trouver ses babouches au réveil le petit matin ».  

Une incursion de plus de 20 ans?

Politicard a tenté de contacter les autorités militaires congolaises et régionales afin de brosser les grandes lignes de cette nouvelle approche solidaire à la sécurité en RDC. Interrogé au cours d’une conférence de presse, le Président Paul Kagame du Rwanda s’est montré étonné du retrait surprise de la MONUSCO, tout en rassurant que son armée « a déjà parfaitement anticipé les responsabilités y résultantes ». Le numéro un rwandais a profité de l’occasion pour réitérer son émotion forte envers le Président Tshisekedi et a rassuré l’opinion publique qu’il n’était « jamais son intention de nier l’absence de l’armée rwandaise à l’est de la RDC ».

Bien que la Présidence du Burundi n’ait pas répondu à l’appel de Politicard, le conseiller en communication Willy Nyamitwe n’a pas tardé à se réjouir sur son média Twitter de « la fin de l’impérialisme onusien » en RDC, illustré par « une vaste incursion durant deux décennies, non seulement en Plaine de la Ruzizi mais au Congo entier ». De la part du State House en Ouganda, un communiqué lu le lendemain du meeting historique entre Tshisekedi et Zerrougui s’est limité à fustiger « l’incapacité de la MONUSCO à ramener la paix aux Grands Lacs, tout en invitant le Secrétaire Général Antonio Guterres à approfondir les plans d’investissements autour de l’aéroport international d’Entebbe. »

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