Rwanda : Paul Kagame dément l’absence de l’armée rwandaise dans l’est du Congo

Publié le 7 juillet, 20 à 9 h 05 min | International

Après dix-huit ans de rumeurs et d’allégations, le chef de l’Etat rwandais a démenti “l’absence” de l’armée rwandaise dans l’Est du Congo. Paul Kagame n’a pas mâché ses mots. Pour lui, la classe politique fait preuve de “jalousie” en dénonçant “l’hypocrisie” de son gouvernement.

Le président rwandais Paul Kagame et ancien président de l’Union Africaine avait convoqué une conférence de presse au cours de laquelle il a une nouvelle fois démenti le retrait de l’armée rwandaise de l’Est de la République démocratique du Congo. “Il y a des jaloux et des haineux qui habitent avec nous, ils prétendent même avoir un pays”, a déclaré le chef de l’Etat rwandais devant un vingtaine de journalistes rwandais et étrangers. “Ils passent leurs journées à nous imaginer rentrer et à sortir. Ils pensent que les Rwandais sont  comme ces fous  ne sachant quoi faire et qui divaguent dans la rue, à droite, à gauche. Le Rwanda n’a pas de temps à perdre et reste concentré sur son développement.”

La veille, sous le haut patronage de Son Excellence Justin Bitakwira, le caucus des  députés du Nord et du Sud Kivu avait publié une déclaration appelant les gouvernements de la RDC et du Rwanda à “mettre fin à l’hypocrisie”, dénonçant à nouveau la “balkanisation” de leur pays et une “nouvelle incursion” de l’armée rwandaise dix-huit ans après son retrait officiel du territoire national.

Pour Paul Kagame, “la vraie hypocrisie, ce sont les frontières, les embargos, les rapports, les Nations Unies… Est-ce que quand autant d’armées étrangères sont sur un territoire, on peut encore parler d’Etat ou d’une armée nationale ? Le Rwanda n’en a que faire. Tout ça, c’est de la distraction pour faire plaisir à ces gens, ces journalistes, ces diplomates, ces experts qui se plaisent à dénigrer le Rwanda pendant les mamans congolaises pillent toutes les ressources naturelles végétales rwandaises et autres trésors nationaux pour nourrir leurs enfants dans les villes comme Goma et Bukavu…” A l’annonce de la réouverture de la frontière, comme pour confirmer les propos du président voisin, des milliers de Gomatraciens se sont précipités pour arracher jusqu’à la dernière feuille de bananes, comme le montre la vidéo ci-dessous.

Sollicités par POLITICARD.CD, la Présidence, le Gouvernement et le Parlement congolais se sont abstenus de tout commentaire. Un haut responsable au Palais du Peuple s’est limité à chuchoter : “si on réagit, ça va être l’escalade verbale. Ce monsieur, qui connait tout le monde, risque de frapper fort, N’importe quel mot de travers, il peut envahir tout le Congo, personne ne lui dira rien”. Depuis sa cellule de Makala, le directeur de cabinet “Vitalo” Kamerhe a fait savoir, sous réserve, qu’il fallait preuve de diplomatie et éviter à tout prix l’absence de l’armée rwandaise sur le sol congolais. Il entend en parler au président Fatshi dont il a la pleine confiance dès sa libération prochaine.

“Ce n’est pas entièrement faux ce que Kagame dit. Même si des chars et des hélicoptères passaient la frontière avec des portraits de Kagame sur les côtés, les Nations Unies seraient encore capables de ne rien dire, on préfère le laisser se balader”, explique le dernier diplomate patriote congolais en poste à Genève, ajoutant plein d’admiration : “Kagame a complètement renouvelé la chorégraphie du massacre selon les danses de Singe Nyama Itarara Singe; Rara Chini, wewe Gichuchu, Weye Kijinga de Bukavu à Kisangani, en passant par le Katanga, Inga au Kongo-Central) et il reste imbattable,  le meilleur élève de la communauté internationale”

La Monusco s’est elle aussi abstenu de tout commentaire. Un porte-parole s’est contenté de rappeler que les forces onusiennes viennent d’accomplir une patrouille de domination autour de l’hôtel Lac Kivu Lodge, fameux parmi les expatriés de Goma.

Le ministre de l’aménagement du territoire de la Bosnie s’est lui insurgé contre une “utilisation abusive” du terme “balkanisation”. “Il faudrait que la classe politique congolaise se réveille, ce n’est pas une balkanisation. Plusieurs armées étrangères qui opèrent presque en continu sur un territoire pendant 25 ans en suscitant toujours moins d’indignation ou de débat, ça s’appelle une “congolisation”, s’est emporté ce membre de gouvernement étranger, sans doute jaloux du génie congolais.

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